Le passage en sixième, un cap important pour les Montessoriens

L’été bas son plein et pour bon nombre d’écoliers, il y a déjà un peu d’excitation qui pointe à l’idée de passer du cycle primaire au cycle secondaire. Lorsque l’on a effectué sa scolarité dans le secteur publique le passage du CM2 à la sixième est une marche « normale »,un cap important certes, mais qui s’inscrit dans une continuité pédagogique et sociale. En revanche, ce n’est pas le cas pour tous les futurs sixièmes de France…

Pour cette fin d’année, nous sommes allés à la rencontre de Laurie Monné-Dao ; directrice d’une école Montessori à Andrésy dans les Yvelines. Laurie est directrice de l’école, mais s’occupe aussi de l’ambiance 6-12 ans dans cette jeune structure pédagogique. C’est donc elle qui avait la charge de préparer les plus grands à leur passage dans le cycle secondaire. Nous lui avons posé quelques questions :

Bonjour Laurie, alors comment les grands sentent-ils la rentrée de septembre au collège ?

Comme tous les enfants de leur âge, ils éprouvent de l’appréhension à l’idée de rejoindre le collège et de se retrouver les plus jeunes dans une grande structure.

Le changement de rythme entre le primaire et le secondaire peut-être assez lourd pour les enfants, penses-tu que leur passage en Montessori permet une adaptation plus simple ou au contraire plus compliquée ?

Leur passage en Montessori leur a permis de gagner en confiance et en autonomie. Ils savent organiser leur travail dans la semaine pour remplir leurs objectifs. Ils ont aussi appris l’importance de l’erreur et de l’entrainement pour acquérir une notion. Ils auront néanmoins besoin d’une adaptation en arrivant au collège car ils ne pourront choisir l’ordre des enseignements, ils vont découvrir les contrôles, les notes, les devoirs à la maison…

Je pense néanmoins que les bases qu’ils ont appris en Montessori leur permettra de s’adapter rapidement et d’être des collégiens sereins et persévérants. Cela dépend bien sûr des enfants et de leurs profils. Pour des enfants avec des dys ou des difficultés d’apprentissage ou pour des enfants très précoces, l’entrée dans une structure classique peut s’avérer difficile voire non recommandée.

En école Montessori, les élèves sont libres de leur mouvement, le matériel pédagogique est en libre-service ; les apprentissages se déroulent de manière très différente en sixième….

Bien sûr mais nous observons déjà dans nos ambiances Montessori qu’en grandissant, les enfants sont moins mobiles dans la classe et les plus grands travaillent peu au sol. Ainsi, physiologiquement, un enfant avant l’entrée en sixième est déjà plus souvent assis à sa table pour travailler et il a moins besoin de mouvement. De même, le matériel est de moins en moins utilisé au fil des années dans l’ambiance 6-12 ans car les enfants, sans difficulté particulière d’apprentissage, sont passés à l’abstraction. La vraie différence réside en réalité dans l’enchainement imposé des matières en sixième classique.

Exemple de matériel de mathématique MontessoriLire aussi : Mathématiques au collège : le matériel montessori à la rescousse

Et des collèges Montessori, ça existe ?

Il y a très peu de collèges Montessori en France malheureusement (moins d’une dizaine), mais des projets de création sont en cours et de plus en plus de collèges vont ouvrir leurs portes dans les prochaines années. D’autres collèges à pédagogie alternative existent également.

Si tu avais un dernier conseil pour les parents concernés ?

Il n’y a pas un conseil particulier car cela dépend de chaque enfant et des collèges possibles autour de chez eux. Dans notre école, nous aidons les parents à choisir la meilleure orientation en fonction du profil de leur enfant. Les enfants qui ont un décalage de niveau scolaire trop important par rapport à la moyenne (difficulté d’apprentissage ou au contraire grande précocité) auront des difficultés à s’intégrer dans un collège classique et à s’y épanouir, nous conseillons souvent dans ce cas un collège alternatif.

Les collégiens ont aussi besoin d’indépendance et il est important qu’ils puissent se rendre,si possible, seuls au collège (en bus ou à pied) et les collèges alternatifs sont parfois loin du domicile des parents. Ainsi, pour certains enfants, le collège public à côté de chez eux reste la meilleure solution. Enfin, certains parents souhaitent que leur enfant poursuive une scolarité avec une pédagogie alternative qui favorise davantage l’épanouissement de leur enfant en respectant son rythme, ses forces et ses faiblesses. Je ne peux donc pas donner de conseil pré-établi aux parents, si ce n’est de discuter avec l’équipe enseignante qui saura les aider à trouver la meilleure solution.

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